
Grand Prix du Jury à Cannes (2010)
Au cœur des montagnes algériennes, dans le monastère de Tibhirine, huit moines cisterciens vivent au rythme de la prière, du travail et d’une fraternité rare avec les habitants du village voisin. Leur présence, humble et bienveillante, devient un point d’ancrage pour une population traversée par les incertitudes de la guerre civile. Dans un pays qui vacille, ils incarnent, presque malgré eux, un refuge de paix.
Lorsque la violence se rapproche – menaces, enlèvements, tensions croissantes –, les moines sont placés devant un choix déchirant : partir pour sauver leur vie ou rester auprès de ceux qui, chaque jour, trouvent en eux réconfort et dignité. Ce dilemme ouvre un chemin intérieur où chacun affronte ses peurs, ses fragilités, mais aussi cette énergie lumineuse qui naît de la solidarité et de la foi en l’autre.
Peu à peu, leur décision mûrit : non par héroïsme, mais par fidélité à une présence qui, dans la tourmente, devient une forme d’espérance partagée. Leur quotidien, fait de petites attentions, de gestes simples, de repas fraternels, se transforme en un témoignage vibrant sur ce que signifie croire encore en l’humain lorsque tout semble vaciller.
Grand Prix du Jury à Cannes, Des hommes et des dieux ne traite pas seulement du sacrifice : c’est une méditation profondément lumineuse sur la résistance tranquille, l’espérance têtue et la force entre les hommes quand ils choisissent, obstinément, d’aimer.
Thibault Ramet